Quatrième Partie: Que Choisir ?


Bon ! Maintenant, il va falloir sortir le chéquier...
Plus sérieusement, n'ayant pas d'actions chez qui que ce soit, je vous guiderai seulement sur le matériel nécessaire pour faire voler un hélicoptère, et vous indiquerai si possible les erreurs à ne pas commettre lors de votre futur achat. II serait dommage de faire l'impasse sur une chose, et d'investir dans du matériel inutilisable, obsolète ou trop compliqué à utiliser.
"Pourtant le commerçant me l'avait conseillé !"... Mais parfois, certains revendeurs sont sans scrupules, et vous vendraient n'importe quoi, surtout ce qu'ils n'arrivent pas à vendre ! Et puis comme vous n'y connaissez rien, vous êtes une cible facile!...
Dans tous les cas, c'est vous qui voyez. Vous aurez, je l'espère, tous les éléments en mains pour vos achats futurs.



 La radiocommande
Comme on l'a vu plus haut, il est donc préférable de choisir une radiocommande programmable de milieu de gamme suivant votre budget.

Options
Les radiocommandes sont généralement des 8 voies où seulement 4 sont opérationnelles. Les autres voies sont "activables" par l'achat d'interrupteurs ou de potentiomètres rotatifs ou à glissière, que l'on fixe et que l'on branche dans l'émetteur.
Suivant les modèles, elles peuvent donc être complètes, ou bien à options. Généralement, celles qui sont complètes se présentent sous la forme d'un boîtier dit "à l'américaine" prévue à l'origine pour un pilotage pouces dessus. L'avantage est que tous les interrupteurs et autres potentiomètres de réglages ou de mixages sont déjà montés. Ils sont plus petits, et n'engagent pas d'autres frais que ceux d'accus soudés et du chargeur (j'insiste, mais c'est pour la bonne cause !).
Les autres, qui sont à options, sont celles qui peuvent se mettre dans un pupitre pour un pilotage au... pupitre ! Elles sont évolutives mais permettent quand même; si vous n'achetez pas le pupitre, le pilotage pouces dessus.

Marque
Graupner, Futaba, Sanwa, Hitec, Simprop, etc. .... il existe plusieurs marques de radiocommande, et comme je ne suis pas sponsorisé, je ne vous dirai pas laquelle choisir...
Pour vous décider à choisir une marque, contactez votre club et demandez s'il y a possibilité de brancher un cordon d'écolage entre votre futur radio et celle du ou des pilotes hélico qui pourraient vous servir de moniteur(s). Car généralement, les marques différentes sont incompatibles entre-elles au niveau de l'écolage.

Fréquence
La bande de fréquence doit être une de celles autorisées en France (41 ou 72 MHz). Evitez les "hors bandes" en 35 ou 40 MHz, car vous pouvez perturber les autres radiocommandes qui sont dans les bandes autorisées (fréquences images.

Servomoteurs
Ensuite suivant les types et le prix, on trouvera des servomoteurs en quantité et qualité variable. II nous faudra 5 servomoteurs au minimum, ou 6 si notre hélico est en mode H4.
Ces servomoteurs devront être au minimum sur roulements (moins d'usure à cause des vibrations) et là aussi, les prix peuvent varier de manière très importante selon la qualité et les performances.
Des 4 kg/cm (de couple) sont corrects pour une utilisation normale sur une machine de moyenne taille, et pour ma part j'utilise des standards sur roulements.
Essayez de choisir une marque réputée et méfiez-vous des offres alléchantes qui ne contiennent ni accus ni servos, ou dans lesquelles il n'y a que des servomoteurs très bas de gamme.
Méfiez-vous aussi lors de l'achat à part de certains servomoteurs au prix très bas, car souvent il n'y a pas les accessoires permettant de les fixer, ni de gamme de palonniers.

Gyroscope
Pour le gyroscope, préférez un piézo-électrique de marque connue, même s'il ne possède pas le mode conservateur de cap. A 100 Euros, on trouve des gyros très corrects pour débuter. Inutile d'investir au début, comme j'en connais, dans des supers gyroscopes qui peuvent presque piloter la machine (!), et qui valent à eux seuls le prix d'un hélico...


 L'hélico
Tout d’abord, il est important de savoir qu'il n'y a pas, comme en avion par exemple, des modèles plus faciles à piloter que d'autres, réservés aux débutants. Ce sont surtout les réglages des courbes de pas, du moteur et des débattements qui font qu'une machine est prévue pour débuter ou non.
En modifiant ces réglages, on rendra l'hélicoptère plus doux ou plus agile, ce qui permettra de passer quelques figures de voltige ou, en modifiant certains équipements pour certaines, de faire de l'acrobatie extrême, appelée 3D.
La principale préoccupation du débutant sera donc le prix et surtout la disponibilité des pièces détachées.

Les catégories
Plusieurs constructeurs fabriquent des hélicoptères (Kyosho, Hirobo, Thunder-Tiger, Robbe, Graupner, Vario, JR, etc.).
II existe principalement 3 catégories d'hélicoptère (pas toutes disponibles chez les mêmes constructeurs), qui sont caractérisées par la cylindré du moteur et donc la taille de l'hélicoptère.
La première et la plus économique est donc la série des 30 (Raptor 30, Sceadu 30, Nexus 30, etc.).
Alors 30 signifie la cylindrée des moteurs en cubic inch (c.i.), ce qui correspond à environ 5 centimètres cube (cc).
Les motorisations peuvent aller de 5 à 6 cc. (30 à 36 c.i.). C'est la plus économique aussi bien au niveau prix des pièces détachées que de la consommation du carburant.
Ensuite nous trouvons la catégorie intermédiaire des 40 à 50 (Sceadu 50, Ergo 50, Voyageur 50, etc.). La cylindrée du moteur peut varier de 6,5 à 8 cc (40 à 50 c.i.). Les machines sont un peu plus grandes et un peu plus lourdes, et elles reviennent un peu plus chères en achat et en entretien. Certaines pièces sont communes aux «30 ».
Et enfin, nous avons la catégorie des 60 (Raptor 60, Eagle Freya, Skyfox, etc.). La cylindrée du moteur atteint 10 à 15 cc maintenant. Les prix peuvent dans ce cas atteindre des «sommets » selon la marque et l'équipement ! Le prix des pièces détachées et la consommation en carburant sont plus importants, mais il est vrai que c'est la catégorie «reine >.
II faut aussi savoir que si une petite machine (série des 30) est facilement transportable et plus économique, elle sera plus sensible au vent, un peu plus nerveuse (moins d'inertie) et moins visible lorsqu'on commencera à partir en translation un peu loin, qu'une de plus grande taille.
Les grandes tailles (série des 60), qui sont moins sensibles au vent, un peu plus stables et plus voyantes, seront plus impressionnantes que les petites, et reviendront plus chers à l'achat et à l'entretien
Donc, c'est vous qui voyez en fonction de votre budget
J'ai volontairement passé sous silence les hélicoptères électriques (pas assez d'autonomie, surtout au début lorsqu'on ne fait que du stationnaire en essayant de sauver les meubles, et pas très économique à cause des batteries et du chargeur "qui va bien" qu'il faut acheter en plus !1, ainsi que les catégories inférieures (motorisés par des moteurs de 1 à 2,5 cc) qui sont relativement fragiles et qui nécessitent des servos de taille mini, voir micro, ce qui fait qu'elles ne sont pas si économique que ça 1 ou supérieures avec des moteurs à essence du type tronçonneuse d'une cylindrée de l'ordre de 23 cc et dont le prix d'achat du kit et celui des servomoteurs qui vont bien, devient très important.
J'ai aussi passé sous silence les maquettes, qui sont plus complexes et qui coûtent très chers. Vous pourrez y penser lorsque l'équipement, le montage et le pilotage vous seront plus familiers... lorsque vous ne serez plus débutants quoi !
Dans presque chacune des catégories, vous trouverez souvent des versions différentes pour une même machine. Ce sont surtout le nombre de roulements à bille équipant la mécanique et le type de transmission du rotor anticouple qui fait la différence (corde à piano ou tube inox ou carbone tournant sur des paliers en plastique, bronze ou roulements, ou alors une courroie crantée). Plus il y a de roulements, mieux c'est, car les bagues en bronze qui les remplacent sont moins précises et s'usent plus vite (présence d'une vingtaine de roulements à bille sur les entrées de gammes ; jusqu'à plus d'une cinquantaine sur les autres).
La présence de pièces métalliques à la place de pièces en plastique peut aussi faire la différence. Des options pour les améliorer (tuning) sont normalement disponibles pour chacune d'entres-elles.
Les kits se présentent avec ou sans le moteur, et surtout presque entièrement assemblé ou totalement en pièces détachées à assembler.
Le prix est plus élevé lorsqu'il est presque fini, mais l'avantage est que l'assemblage est rapide, et on n'est pas obligé de connaître la mécanique et
ses principes pour l'assemblage. Par contre il vaudra mieux vérifier si le montage a été fait correctement, ce qui est généralement le cas (contrôle du serrage et du collage de toute la visserie par exemple),
Un kit en pièces détachées est plus intéressant à mon avis, car ainsi on est sûr du montage correct de la machine (si on ne fait pas de bêtises !), et surtout on voit comment c'est fait.
Mais méfiez-vous, car parfois un modèle n'est disponible qu'en kit, avec peu de roulements, ou bien pré- monté, avec tous les roulements... (Ah ! Ces importateurs... !)
Pour le moteur, s'il n'est pas livré dans le kit, choisissez une marque connue et réputée (OS, Webra, Rossi, etc.) au lieu de prendre les marques les moins chères (MDS, SC, etc.). Ceci n'engage que moi !

Occasions
Une autre option s'offre à vous, c'est l'achat d'un hélicoptère d'occasion sur petites annonces ou auprès d'un modéliste de votre club.
Attention toutefois aux fausses économies.
II vaut mieux voir la machine voler avant de l'acheter. On se rendra mieux compte de l'état dans laquelle elle est, si elle est proprement assemblée, si elle vibre, s'il n'y a pas trop de jeu dans les différents paliers, si le moteur démarre facilement et tourne correctement, etc. Et puis son ancien propriétaire pourra vous aider à débuter avec.
Dans la plupart des cas, une grosse révision s'impose pour vérifier le serrage correct de la visserie, l'état des roulements, etc., surtout si elle n'a pas tournée depuis longtemps.
La notice de montage devra être présente pour vous aider à faire la révision et les réglages.
Attention de ne pas choisir un modèle trop ancien, car les pièces détachées peuvent ne plus êtres disponibles ou être très chères suivant les marques. Demandez au magasin de modélisme du coin ou chez les principaux revendeurs par correspondance la disponibilité de celles-ci.

 Outillage pour le montage et les réglages

Un outillage indispensable lorsqu'on pratique l'hélicoptère est l'incidence-mètre.

Cet appareil permet de régler avec précision le pas des pales du rotor au degré prés.
Un autre outillage indispensable est la pince à chape. Elle permet le démontage des chapes à rotules pour régler les débattements par exemple, sans les abîmer.
Ensuite, il nous faut de l'outillage classique et neuf ou en bon état (tournevis plat et cruciformes, clés plates et à pipe de 5,5 à 12 mm, clés 6 pans mâle de 1,5 à 3 mm, cutter, pinces, limes, etc.). Généralement un descriptif complet de l'outillage figure dans la notice de montage de l'hélicoptère. Une lampe de poche permettra de jeter un œil éclairé (!) dans les entrailles de la machine lors des révisions.
Un réglet ou un pied à coulisse sera nécessaire pour mesurer les tringles. Un flacon de frein filet faible (Loctite) et de colle Super Glue (cyanoacrylate) permettra un freinage de la visserie (on verra plus loin pourquoi).

 Accessoires de terrain
Si c'est votre premier engin thermique radiocommandé de votre vie, il faudra investir dans du petit matériel pour mettre en route votre machine. En premier lieu, il faudra du carburant, celui préconisé par le constructeur du moteur. C'est un mélange de méthanol et d'huile de ricin ou de synthèse, avec parfois un peu de nitrométhane (les proportions sont, suivant le type de carburant, de l'ordre de 18% d'huile et de 5% de nitrométhane).
Ensuite il faudra une pompe à carburant électrique ou manuelle pour transférer le précieux liquide de son bidon jusqu'au réservoir de votre hélico. De la tuyauterie spéciale (Durit en silicone. Non ce n'est pas une langue, c'est la matière...) reliera la pompe au bidon et au réservoir, avec un ou deux filtres à carburant dans le circuit (pour éviter de polluer le réservoir).
Pour démarrer le moteur il faudra une pince à bougie, suivant le type de connexion présente sur l'hélico (surtout si l'allumage est déporté). Elle sera reliée à une batterie de 1,5 volt, qui fournira l'énergie électrique nécessaire.
Un démarreur électrique (12 volts) muni d'un embout spécifique permettra de mettre en rotation le moteur, s'il n'y a pas de tirette pour remplir cette fonction.
Une petite batterie de 12 volts 7,5 Ah (moto ou autre) permettra d'alimenter le démarreur et la pompe, sinon une grosse rallonge électrique reliée à celle de votre véhicule fera l'affaire.
Ces accessoires se trouvent généralement dans tous les magasins spécialisés.
Méfiez-vous des appareils qui se fixent dans la caisse de terrain (power panel), qui intègrent les fonctions de commande de la pompe à carburant, alimentation du démarreur, et de la bougie, à partir d'une batterie de 12 volts. C'est vrai que c'est pratique à utiliser. Mais les bougies ne font pas long feu avec les power-panels (constatation personnelle).

 Train d'entraînement
Voilà un accessoire obligatoire lorsqu'on débute.
Alors là, il y a 2 solutions, soit le cerceau, soit le croisillon à boules. Dans les 2 cas, l'hélicoptère sera fixé dessus par des colliers en plastique ou des élastiques.
Son rôle sera d'augmenter la stabilité au sol de notre hélico, lorsque nous apprendrons à le maîtriser.
En effet, on aura peur au début que les pales du rotor touchent le sol si l'hélico bascule ou glisse sur le sol et que les patins accrochent un obstacle. Si les corrections de l'assiette ne sont pas correctement données, surtout au début, le risque est réel.
De plus, il nous permettra d'évoluer sur une zone herbeuse, comme celle qui entoure une piste par exemple.
Maintenant ce n'est pas une assurance à 100 % contre la casse, mais les risques seront fortement diminués.
Si ce train est une aide indispensable pour débuter, il permettra aussi de régler notre machine après une grosse intervention en atelier (pour reprendre confiance en soi, par exemple !), ou un gros réglage, pour savoir si on a tout remonté correctement ! Par exemple si l'anticouple a été remonté à l'envers (on ne sait jamais, une faute d'inattention est si vite arrivée, surtout avec les transmissions par courroie !), à la mise des gaz notre machine risque de pivoter violemment sur elle même. Si on n'a pas remonté le train d'entraînement, c'est encore un stage dans l'atelier qui vous attend et un sourire béat de votre fournisseur de pièces détachées
Ce train peut être acheté dans le commerce, mais il est plus sympa de se le fabriquer soit même avec un cerceau acheté chez Décathlon par exemple et des baguettes de bois dur (Brico-machin) ou des tubes de carbone (accessoires de cerfs-volants, flèches d'arc) et des boules en plastique ou des billes en bois pour la pétanque (cochonnet).Voir à ce sujet l'article que j'ai écris, il y a 2 ans dans RCM n° 233.
II ne devra pas modifier le centre de gravité de l'hélicoptère.
On pourra le retirer et voler sans, lorsque vous commencerez à maîtriser les stationnaires. Lors des différentes étapes de progression, surtout au début des visualisations latérales, il sera un moyen pour préserver votre hélicoptère.
II ne faudra pas hésiter à le remettre ensuite lorsque vous aborderez les translations lentes, et le retirer par la suite lorsque les différentes étapes seront assimilées.
II en sera de même lorsque vous voudrez vous entraîner aux autorotations, et autres décollages de face.
Vous avez votre équipement ? Alors on va pouvoir commencer à l'assembler. C'est ce que nous allons voir au chapitre suivant.


Cerceau ou "croix à boules" fait maison ou du commerce : si vous débutez, ces dispositifs sont vraiment très utiles et vous éviteront de nombreux aller-retour chez votre revendeur pour acheter des pales de rechange !

Webmaster Thunderdarkdevil